Une conférence de presse de haut niveau, consacrée à l’activité du Conseil régional des experts pour la réhabilitation et la réintégration des personnes retournées des zones de conflits armés, s’est tenue le 10 décembre dernier au siège de l’ONU à New York.
L’évènement a été organisé par l’Institut d’études stratégiques et régionales (IESR) et la Représentation permanente de l’Ouzbékistan auprès de l’ONU, avec le concours du Bureau de lutte contre le terrorisme et du Centre régional des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale.
Parmi les intervenants figuraient le secrétaire général adjoint de l’ONU Vladimir Voronkov, le chef du Centre régional des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale Kaha Imnadze, le sous-secrétaire général de l’ONU Khaled Khiari, le directeur du Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme Mauro Miedico, l’ancienne rapporteuse spéciale de l’ONU contre le terrorisme et professeure à l’Université Minnesota (États-Unis) Fionnuala Ni Aolain, l’observatrice permanente du Comité international de la Croix Rouge auprès de l’ONU Laetitia Courtois, ainsi que les chefs des missions diplomatiques des pays d’Asie centrale.
L’évènement a suscité un grand intérêt des représentants des États membres de l’ONU. Au total, il a rassemblé les représentants de plus de 50 pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et latine, ainsi que d’environ dix organisations internationales.
Le Conseil régional des experts pour la réhabilitation et la réintégration a été créé en 2024 sous l’égide du Bureau de lutte contre le terrorisme à l’initiative du président de la République d’Ouzbékistan. Le Conseil réunit des experts et des spécialistes de tous les pays centre-asiatiques. Sur sa plateforme sont accumulés des connaissances, des méthodes et des programmes, qui garantissent une intégration réussie des personnes retournées à la vie normale et bien remplie.
Dans le cadre de l’accomplissement de ses engagements internationaux, l’Ouzbékistan a été un des premiers à rapatrier ses citoyens des zones de guerre. Depuis 2019, plus de 530 citoyens d’Ouzbékistan sont revenus dans le pays, dont la plupart sont des femmes et des enfants. Une aide médicale, sociale et psychologique leur a été fournie. Des programmes spéciaux ont été élaborés pour leur formation aux métiers et l’emploi.
Au cours des discussions, le sous-secrétaire général de l’ONU pour le Proche-Orient et la région Asie-Pacifique Khaled Khiari a exprimé sa reconnaissance au président de la République d’Ouzbékistan pour sa contribution à la protection de la sécurité régionale et son attachement à cette action, y compris par la création du Centre régional des experts.
L’Organisation est fière que le Bureau, conjointement avec l’IESR, agit en tant que secrétariat du Conseil, a noté le chef du Bureau de lutte contre le terrorisme Vladimir Voronkov, parlant de l’importance du Conseil régional des experts.
Selon lui, les discussions de ce jour confirmaient que le Conseil régional des experts est capable d’être un centre de mobilisation des efforts internationaux, en servant d’exemple dans la promotion des pratiques et des méthodes avancées pour la réhabilitation et la réintégration des personnes retournées.
Comme l’indiquait le chef du Centre régional des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale Kaha Imnadze, l’expérience des pays d’Asie centrale peut servir d’exemple pour les autres pays. Le Conseil régional des experts, c’est une initiative unique qui peut être reproduite dans d’autres parties du monde, a-t-il déclaré en exhortant tous ses partenaires d’Asie centrale, de l’ONU et des organisations régionales à continuer d’utiliser cette plateforme pour la recherche de meilleures solutions.
Les ambassadeurs de Russie et des États-Unis auprès de l’ONU ont également exprimé leur plein soutien à l’activité du Conseil. Les États centre-asiatiques ont entrepris des efforts considérables pour retourner leurs citoyens des zones de conflits, ce qui est un exemple de volonté politique et d’attachement à leurs engagements, ont-ils estimé.
Les participants ont donné une haute appréciation au rôle des communautés locales (mahallahs) dans les efforts de l’Ouzbékistan pour la réintégration des personnes rapatriées.
Selon le sous-secrétaire général de l’ONU Khaled Khiari, l’originalité du modèle ouzbek est que tous les travaux en matière de réintégration sont menés « du bas vers le haut », compte tenu des besoins des personnes retournées elles-mêmes. Les communautés locales sont devenues un maillon-clé dans la réalisation de ces mesures.
Les intervenants ont également noté l’orientation du modèle ouzbek de rapatriement sur les droits de l’homme et la protection des enfants.
Selon l’ancienne rapporteuse de l’ONU Fionnuala Ni Aolain, l’Ouzbékistan a dès le début sa position selon laquelle les enfants rapatriés sont traités comme des « enfants de la nation, qui seront protégés et réinsérés dans la société ». C’était la clé du succès, a-t-elle déclaré.
Un point de vue analogique a été exprimé par par Katherine Cocco, spécialiste de l’UNESCO de la protection des enfants dans les conflits armés. Comme elle l’estimait, le rapatriement des enfants a montré l’attachement de l’Ouzbékistan aux droits de l’enfant.
En général, malgré une courte période passée depuis sa création, le Centre régional des experts est devenu une plateforme clé pour la discussion des défis actuels et l’élaboration des solutions dans le domaine de la réhabilitation et de la réintégration, ont confirmé à l’unanimité les participants à l’évènement.
Le contrôle personnel du président d’Ouzbékistan sur toutes les mesures dans le cadre de ce processus est une caractéristique distinctive du programme de rapatriement ouzbèke, même la clé de son succès, ont-ils noté en particulier.
L’année prochaine, la présidence du Conseil passera au Kazakhstan, a-t-on proclamé lors de la conférence. À cette occasion, le chef de la mission diplomatique du Kazakhstan auprès de l’ONU Kaïrat Umarov a déclaré qu’Astana, en tant que président suivant du Conseil régional des experts, déployerait le maximum des efforts pour une réalisation continue et réussie de l’initiative du chef de l’Ouzbékistan.
À la fin des discussions, les participants ont souligné unanimement l’importance de poursuivre la pratique consistant à présenter le Conseil à la communauté mondiale, notamment par la conduite d’un évènement parallèle en marge de l’un des évènements importants de l’ONU, comme la Semaine de haut niveau de la lutte contre le terrorisme à New York, attendue le mois de juin 2025.

UzA