Selon Nozim Khasanov, chef de département à l’Institut international d’Asie centrale, qui a donné une interview à l’OuzA, le récent sommet trilatéral des présidents d’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan, qui s’est tenu à Achgabat, au Turkménistan, a manifesté de nouveau « l’aspiration des pays de la région à la coopération multilatérale et au dialogue constructif fondé sur le respect des intérêts de chacun ».
Au sommet, les parties prenantes ont examiné, entre autres, les questions liées à l’usage rationnel des ressources en eau.
« Le président d’Ouzbékistan a mis l’accent sur le fait que le déficit croissant des ressources hydrauliques dans la région gagnait un caractère de plus en plus pertinent ces dernières années et devenait une des questions les plus brûlantes pour les peuples frères » dit l’expert.
« Les changements climatiques que l’on observe aujourd’hui dans le monde, qui manifestent une tendance à l’augmentation des températures moyennes annuelles, influencent sur le déficit de l’eau. Dans ce contexte, les pays d’Asie centrale éprouvent un lourd fardeau, en fonction des spécificités de leur situation géographique qui a un caractère aride » estime-t-il.
« Selon les scientifiques, la région se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale. On note qu’au cours des dix dernières années, la température a progressé de 0.29°С sur le territoire de l’Asie centrale alors que la moyenne mondiale n’a atteint que 0.14°С » constate-t-il.
Comme l’estime le chercheur, cela accélère de son tour le processus de fonte des glaces, mène à l’augmentation des années sèches et à l’élargissement des territoires des zones arides et sujettes à la désertification. L’agriculture en souffre « et, par conséquent, la menace s’accroit non seulement pour l’écologie, mais aussi pour la sécurité alimentaire » ajoute-t-il.
Le représentant de l’Institut d’Asie centrale exprime que dans ce contexte, tous les États de la région « prennent conscience de la nécessité d’une recherche commune profondément réfléchie » sur les voies d’usage rationnelle « des deux artères d’eau » de la région, Amoudaria et Syrdaria.
Le chercheur estime à cet égard que le chef de l’État ouzbek a proposé, « au bon moment », d’intensifier la coopération multilatérale en vue de la promotion des technologies économes en eau, de la modernisation des systèmes d’irrigation, de la numérisation des processus de gestion des ressources de l’eau, du codéveloppement des infrastructures de la gestion des eaux de coulée de boue et de crue.
« Dans le même temps, il a souligné l’importance de mobiliser tout le potentiel de la Fondation internationale pour la sauvegarde de la mer d’Aral, organisation unique en Asie centrale en termes d’engagement dans les questions de l’eau et de l’environnement. En outre, le chef de notre État a attiré l’attention sur l’importance de poursuivre la coopération étroite et productive avec les partenaires internationaux prestigieux qui déploient leurs efforts dans le développement durable de la région » dit-il.
Avant de terminer l’interview, le chercheur se permet de constater que les entretiens similaires montrent la détermination ferme des pays à renforcer leurs relations multiformes, à unir leurs efforts dans le but d’assurer la sécurité hydroécologique et socioéconomique dans la région.
Le sommet de haut niveau de format trilatéral a montré de nouveau la forte volonté politique des dirigeants des pays participants de résoudre les problèmes urgents, conclue-t-il.