Le président de la République d’Ouzbékistan Shavkat Mirziyoyev a participé, ce mardi 17 juin, au deuxième sommet « Asie centrale – Chine » dans la ville d’Astana, au Kazakhstan.
L’évènement, déroulé sous la présidence du président de la République du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev, a rassemblé aussi le président de la République populaire de Chine Xi Jinping, le président de la République kirghize Sadyr Japarov, le président de la République du Tadjikistan Emomali Rahmon et le président du Turkménistan Serdar Berdymoukhamedov.

Dans le respect de l’ordre du jour, les dirigeants centre-asiatiques et chinois ont examiné les perspectives de renforcement de la coopération bénéfique entre l’Asie centrale et la Chine dans les domaines prioritaires ainsi que les questions internationales et régionales essentielles.
Au début de son discours, le président d’Ouzbékistan a souligné en particulier le rôle du président chinois Xi Jinping dans le renforcement de l’amitié et de la coopération avec les États d’Asie centrale, son soutien au développement durable de la région à travers la promotion des projets et des programmes concrets.
Il s’est félicité des grands progrès de la coopération dans le format « Asie centrale – Chine », obtenus depuis le premier sommet en 2023 à Xi’an.
En particulier, un secrétariat a été créé, des mécanismes efficaces fonctionnent pour les réunions et les conférences aux niveaux des ministres et des experts, et un cadre juridique est en cours d’élaboration pour une pleine coopération.
En outre, il s’est réjoui de l’augmentation des échanges commerciaux entre l’Asie centrale et la Chine, qui, selon les estimations, devraient atteindre quelque 100 milliards de dollars cette année.
« À notre avis, le développement de la coopération dans ce format est favorisé, d’un côté, par les processus de transformation approfondie en Asie centrale, devenue un espace de confiance, de bon voisinage et de partenariat. D’un autre côté, c’est le fort engagement des dirigeants chinois en faveur du développement des relations amicales avec les États voisins et de la promotion de l’initiative globale de « la Ceinture et la Route », a déclaré le chef de notre État.
Ensuite, le dirigeant d’Ouzbékistan a fait part de sa vision sur le renforcement futur de la coopération régionale.
Comme il a rappelé en premier lieu, le présent sommet se déroulait dans un contexte où la situation internationale se détériore considérablement.
L’accroissement de la concurrence mène à l’aggravation des tensions, à l’émergence de nouveaux défis et menaces pour la sécurité et le développement durable.
« Nous considérons que le recours aux méthodes de force pour la résolution des questions controversées et des problèmes conflictuels internationaux est injustifié et inacceptable » a dit le président d’Ouzbékistan.
« Je suis convaincu que tous les différends et désaccords doivent être résolus par le efforts diplomatiques uniquement, autour de la table des négociations, sur la base du respect de la souveraineté, des normes du droit international et de la Charte des Nations Unies », a-t-il ajouté.
À cet égard, il a marqué l’importance historique de l’adoption lors du sommet d’un Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération éternels, qui serait une contribution commune à la garantie de la stabilité régionale. Pour renforcer ce traité, il a proposé d’élaborer une Conception de partenariat à long terme incluant des mécanismes et des projets concrets.
Comme l’a noté le dirigeant ouzbek, la coopération commerciale, en matière d’investissement et technologique avec la Chine sert de forte locomotive dans la mise en œuvre des stratégies de développement socioéconomique de tous les pays d’Asie centrale.
Il a été souligné qu’une combinaison du potentiel croissant des pays centre-asiatiques avec le leadership chinois dans le secteur industriel pourrait conduire à la formation d’un espace commun des grandes opportunités ayant des mécanismes efficaces d’échange de connaissances et de transfert de technologies.
L’adoption accélérée du Programme de nouveau partenariat économique et l’instauration du Conseil interrégional pour le commerce et les investissements au niveau des vice-Premiers ministres pourraient marquer des pas pratiques sur ce plan. La partie ouzbèke est prête à tenir une première réunion du Conseil d’ici la fin de l’année, a-t-il affirmé.
Pour encourager les liens commerciaux, le président d’Ouzbékistan s’est prononcé pour la mise en place d’une plateforme commerciale multilatérale appelée « Route de la Soie électronique » dans le cadre de « la Ceinture et la Route numériques ».
De même, il a signalé la pertinence de créer un Centre interrégional de la normalisation industrielle et de la certification à Tachkent pour rapprocher les règlements et les normes, certifier les produits d’exportation d’après les exigences chinoises.
Il a également proposé d’adopter une feuille de route spéciale pour le transfert de technologies, avec une implication des entreprises, des grandes institutions de recherche et des centres d’ingénierie.
Le dirigeant d’Ouzbékistan a insisté en particulier sur la nécessité de renforcer l’interconnectivité industrielle et infrastructurelle pour une révélation efficace du potentiel économique. Dans ce but, il a proposé d’élaborer une stratégie à long terme appelée « Espace industriel et infrastructurel Asie centrale – Chine ».
Il s’agit de la création d’un système des clusters industriels, des parcs technologiques et des hubs logistiques interconnectés avec un attrait des investissements, des solutions technologiques et scientifiques chinois.
Les questions de l’union des systèmes énergétiques des pays d’Asie centrale et de la Chine, y compris la mise en œuvre d’un mégaprojet de construction d’une ligne de transmission électrique à haute tension (высоковольтной линии электропередачи), nécessitent de même une étude approfondie.
La question de l’application des instruments financiers efficaces, capables de soutenir de grands projets de portée régionale, acquiert une pertinence particulière.
« Les mécanismes internationaux qui sont en vigueur aujourd’hui jouent, certainement, un rôle important, mais ne couvrent pas pleinement les besoins de la région en matière d’investissements. Selon les estimations des experts, le déficit des investissements en capital dans le développement industriel de l’Asie centrale est estimé à des centaines de milliards de dollars » a rappelé le dirigeant d’Ouzbékistan.
À cet égard, il a proposé d’examiner la possibilité de créer un Fonds de développement « Asie centrale – Chine », qui pourrait devenir une plateforme efficace pour la promotion des initiatives en matière d’infrastructures.
Le développement de l’interconnectivité des transports de l’Asie centrale et de la Chine a été désignée comme une autre direction prioritaire.
Le lancement de la construction de la route ferroviaire Chine – Kirghizistan – Ouzbékistan a constitué un élément important du nouveau système des communications de transport et de transit dans l’espace eurasiatique. Dans le même temps, la réalisation du projet de grande route ferroviaire transafghane ouvrira de plus larges opportunités, a-t-il mentionné.
« Pour développer une vision commune de perspectives dans ce secteur stratégique, j’estime nécessaire de charger nos services des transports de former des groupes d’experts pour mener des recherches sur le terrain, étudier les possibilités de modernisation des infrastructures logistiques et mettre en œuvre des projets pilotes de transport des marchandises par les corridors alternatifs » a proposé le dirigeant ouzbek.
Sur la base des résultats du travail de ces groupes, des propositions concrètes et justifiées devraient être élaborées pour le sommet suivant sur la formation d’une Carte unique des corridors de transports et des infrastructures de transit modernes, selon le président.
Attirant l’attention sur les menaces graves des changements climatiques pour le développement durable, le chef de notre État a appelé à accélérer l’adoption d’un Programme de développement vert à l’horizon 2030, ainsi qu’à établir une Alliance écologique pour le dialogue et le partenariat dans les domaines de la lutte contre la désertification, de la restauration des terres dégradées, de l’accroissement de la résilience bioécologique dans les zones arides et désertiques.
« Je voudrais aborder en particulier les possibilités de la coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle et des technologies numériques. Ces directions justement constituent aujourd’hui des drivers de croissance à long terme, déterminant la compétitivité des économies nationales » a précisé le président de notre pays.
Dans le but former une infrastructure numérique durable de la coopération économique, il a proposé de créer un Réseau des banques mutuellement intégrées des bases de données de grande quantité et des centres de traitement, ainsi que de construire un circuit numérique de la ligne de communication à fibre optique « Asie centrale – Chine » le long des principaux itinéraires énergétiques et de transports.
« Notre aspiration commune à enrichir mutuellement nos cultures et à rapprocher nos peuples est notre actif inestimable. L’Initiative visant à faciliter les déplacements mutuels et le Programme d’évènements culturels et humanitaires, que nous adoptons aujourd’hui, ciblent justement ces objectifs » a affirmé le président.
Pour renforcer davantage la coopération dans ce domaine, il a proposé de créer un portail numérique unique « Patrimoine culturel de la Route de la Soie », réunissant les ressources historiques et culturelles des pays d’Asie centrale et de la Chine, avec un accès pour chercheurs, étudiants, touristes et représentants de l’industrie créative.
Il a également indiqué l’utilité de former une plateforme scientifique et éducative commune par développer des programmes de coopération dans le domaine de l’éducation professionnelle, tenir des forums des recteurs universitaires et des rencontres entre les dirigeants des académies des sciences et des centres de recherches scientifiques.
L’interaction dans le domaine de la sécurité reste parmi les priorités clés. À cet égard, le président ouzbek s’est prononcé en faveur de la mise en place des mécanismes multilatéraux pour l’échange d’information entre les services spéciaux et les conseils de sécurité dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme, le radicalisme, le trafic de drogue, la migration illégale et la cybercriminalité.
« La baisse de l’attention de la communauté internationale sur les problèmes de l’Afghanistan, qui est pour nous non seulement un voisin, mais une partie intégrante de notre espace historique, culturel et économique commun, suscite une grave inquiétude » a déclaré le dirigeant d’Ouzbékistan.
Marquant la riche expérience de la coopération entre la Chine, les États d’Asie centrale et l’Afghanistan, le président d’Ouzbékistan a proposé d’instaurer dans le cadre de l’actuel format un Groupe de haut niveau pour l’examen des questions d’assistance au rétablissement et à l’implication de ce pays aux processus d’intégration régionaux. Il a exprimé la volonté d’accueillir sa première réunion à Termez en présence des représentants de l’Afghanistan.
À la fin de son discours, le président a réaffirmé l’attachement de l’Ouzbékistan au dialogue ouvert, au renforcement de la coopération pragmatique et mutuellement bénéfique dans le format « Asie centrale – Chine ».
À l’issue de la réunion, les chefs d’État ont signé la Déclaration d’Astana et le Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération éternels.
De même, les parties ont adopté un ensemble de documents intergouvernementaux et interinstitutionnels.
Le sommet a été suivi de la cérémonie de lancement des centres de coopération pour la lutte contre la pauvreté, la désertification et l’action commune dans le domaine éducatif, ainsi que d’une plateforme de coopération pour le commerce sans entrave.