Le président de la République d’Ouzbékistan Shavkat Mirziyoyev a participé mardi, le 19 décembre 2023, à la cérémonie de remise du Prix international d’excellence de lutte contre la corruption, institué par l’émir du Qatar, au Centre des congrès à Tachkent.
Étaient présents le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, émir de l’État du Qatar et initiateur du Prix, et les représentants de l’ONU, les délégations de plus de 40 pays du monde, y compris tous les lauréats de la présente décoration internationale.
Saluant les invités et les participants au forum, le président d’Ouzbékistan a exprimé sa reconnaissance à l’émir qatarien et à l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime pour la proposition de tenir cet évènement en Ouzbékistan. De même, il a félicité la délégation et le peuple du Qatar à l’occasion de leur Fête nationale, célébrée le 18 décembre.

Dans son discours, le dirigeant d’Ouzbékistan a parlé du Qatar, qui devient un centre de la coopération mondiale et de la diplomatie. Les championnats du monde de football, la Conférence internationale sur les pays moins avancés, l’Exposition internationale Expo Doha 2023 et d’autres évènements internationaux qui se sont tenus avec succès dans ce pays en témoignent.
Il s’est estimé satisfait de la montée des relations ouzbéco-qatariennes vers un nouveau niveau, du lancement d’un nombre de grands projets conjoints. La tenue du présent forum en Ouzbékistan montre la communauté et l’harmonie des objectifs des deux pays, a-t-il souligné en particulier.
Selon le président d’Ouzbékistan, l’institution du prix mondial dans le domaine de la lutte contre la corruption, qui constitue un des plus importants problèmes du monde en changement rapide, et la tenue des cérémonies de remise de ce prix dans tous les continents du monde méritent une large reconnaissance.

« Or, la lutte contre la corruption est un devoir sacré de chaque personne à conscience pure, de chaque société démocratique et de chaque État » a dit Shavkat Mirziyoyev.
Selon le président ouzbek, la reconnaissance des mérites et la remise de ce prix prestigieux aux personnes les plus actives, qui apportent une contribution digne à la lutte anticorruption dans le monde, sert à la réalisation entière de la Convention des Nations unies contre la corruption, adoptée en 2003.
Comme l’a déclaré le chef de l’État ouzbek, la corruption est une menace dangereuse qui sape les fondements de toute l’humanité, des toutes les sociétés, qui frappe l’économie, qui détruit les principes de primauté de la loi, qui diminue la confiance du peuple dans la politique de l’État, qui entrave le développement des institutions démocratiques.

D’après les études, le total des dommages causés par la corruption dans le monde comprend quelque 3 trillions de dollars américains. Selon le président d’Ouzbékistan, ce chiffre ne reflète pas entièrement la vraie situation et les dommages réels.
Le président Shavkat Mirziyoyev a ensuite abordé les réformes juridiques et institutionnelles entreprises en Ouzbékistan dans le domaine anticorruption, la coopération étroite établie dans ce domaine avec l’ONU, l’OCDE et d’autres institutions internationales. Il a évoqué en particulier la Loi relative à la lutte contre la corruption, adoptée dans le pays, ainsi que la création d’une Agence spéciale en charge de la lutte anticorruption.

En 2021, l’Ouzbékistan est devenu membre de la Charte internationale sur les données ouvertes. Le pays participe au Programme d’action d’Istanbul, au Réseau mondial, aux Groupes Eurasien et Egmont, à plusieurs autres plateformes. Il exerce les fonctions de Secrétariat du Réseau institutionnel pour le recouvrement des avoirs en Asie occidentale et centrale.
En outre, Tachkent accueille annuellement le Forum international anticorruption.

Au cours des dernières années, l’Ouzbékistan a gagné 42 positions dans l’Indice de Transparency International. Quant au classement « Open Data Inventory », le pays a atteint la 30e place. Il se classe en 4e position mondiale d’après le nombre de sources des données ouvertes.
« Dans le Nouvel Ouzbékistan, les réformes démocratiques deviennent irréversibles, et nous nous sommes fixés également de grands plans et objectifs dans le domaine de la lutte contre la corruption » a déclaré le dirigeant d’Ouzbékistan.

Il a ensuite fait part d’une série de propositions et initiatives visant à atteindre ces objectifs.
Il s’agit d’abord du développement et de la mise en œuvre d’une Stratégie nationale de lutte anticorruption à l’horizon 2030.
Dans la Stratégie, une attention particulière sera accordée à l’assurance de la transparence des activités et à l’accroissement de la responsabilité des institutions publiques, à l’amélioration du système des données ouvertes, au renforcement des fondements juridiques et des mécanismes institutionnels dans le domaine de la lutte contre la corruption.
De même, l’Ouzbékistan continuera à participer activement aux initiatives régionales et mondiales, aux nouveaux projets en matière de lutte anticorruption. Les opportunités de la Plateforme régionale de la Convention anticorruption, lancée à Tachkent en novembre dernier, seront largement utilisées.

Avec cela, le président a proposé de créer un Centre de recherche régional sur les problèmes de la corruption en vue de mettre en place un échange d’expérience, de renforcer le dialogue, de mener des travaux scientifiques avec une implication active des ONG.
La coopération étroite de l’Agence nationale pour la lutte contre la corruption avec les institutions compétentes étrangères sera également renforcée, ce qui permettra d’accroître le potentiel de l’Agence.
L’objectif prioritaire est de former une nouvelle génération, qui sera immunisée contre la corruption dès l’enfance à l’aide du « vaccin d’honnêteté ». Sur ce plan, il est prévu d’appliquer largement le programme de la Ressource mondiale pour lutter contre la corruption par l'éducation et la responsabilisation des jeunes.
Le président d’Ouzbékistan a de même proposé de tenir un Forum médiatique mondial pour utiliser efficacement les potentiels des journalistes et accroître davantage leur influence dans la lutte anticorruption.

À la fin de son intervention, le chef de l’État ouzbek a adressé ses félicitations cordiales à tous les lauréats du Prix international d’excellence de lutte contre la corruption.
Ensuite, le président d’Ouzbékistan et l’émir du Qatar ont remis les statuettes du Prix à leurs titulaires.
Le Prix d’excellence « pour l'ensemble des réalisations anticorruption » a été attribué à l’ancien président de l’organisation internationale « Transparency International » José Carlos Ugas Sanchez Moreno (Pérou).
Le professeur John Quah de l’Université nationale de Singapour (Singapour) et la professeure Sunčana Roksandić de l’Université Zagreb (Chroatie) ont obtenu le Prix pour la nomination de la « recherche scientifique et éducation ».

Le Prix « pour la créativité des jeunes en matière de lutte contre la corruption » a été remis aux organisations non gouvernementales « Youth4IntegrityBuilding » (Kenya) – à sa directerice Damaris Aswa et « All4Integrity » (Portugal) – à son fondateur André Corrêa d'Almeida.
Les correspondants Claire Rewcastle Brown (Royaume-Uni) et Phil Mason, ancien chef du département anticorruption du ministère du développement international du Royaume-Uni, ont été décorés pour les « innovations et enquêtes journalistiques ».
Le journaliste Waihiga Mwaura (Kenya) de BBC et le rédacteur Shantanu Guha Ray (Inde) de Central European News ont reçu le Prix de l’émir du Qatar pour la « protection des sports contre la corruption ».
UzA