Le président de la République d’Ouzbékistan a participé mercredi, le 19 juillet, au premier sommet des dirigeants des pays d’Asie centrale et du Conseil de coopération du Golfe.
Le sommet, présidé par le prince héritier et président du Cabinet des ministres d’Arabie saoudite cheikh Mohammed ben Salmane Al Saoud, a rassemblé les présidents Kassym-Jomart Tokaïev du Kazakhstan, Sadyr Japarov du Kirghizistan, Emomali Rahman du Tadjikistan, Serdar Berdymoukhammedov du Turkménistan, l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le Premier ministre des Émirats arabes unis cheikh Mohammed ben Rachid Al Maqtoum, l’émir adjoint et prince héritier du Koweït cheikh Mishal Al Ahmed Al Jaber Al Sabah, le vice-Premier ministre d’Oman cheikh Asaad ben Tariq Al Said, le représentant spécial du roi du Bahreïn cheikh Nasser ben Hamad Al Khalifa, ainsi que le secrétaire général du Conseil Jassim Mohammed Al Budaiwi.
Conformément à l’ordre du jour du sommet, les dirigeants ont examiné les questions liées au développement du dialogue politique constructif, à l’élargissement de la coopération commerciale et économique, financière, au renforcement des relations culturelles et humanitaires entre les deux régions. Ils ont échangé des vues sur les aspects importants de l’agenda politique régional et international.

Intervenu à cette occasion, le président d’Ouzbékistan a évoqué la profonde interdépendance historique des peuples d’Asie centrale et du Golfe, à la base de laquelle sont les relations commerciales étroites, les valeurs et traditions communes, la religion islamique.
Il a parlé de la contribution sans prix des grands ancêtres et savants d’Asie centrale au développement des liens historiques entre le Movaraunnahr ancien (la Transoxiane) et la région arabique. L’un d’entre eux est Imam al-Boukhari (Mouhammad al-Boukhari), le grand savant théologien, connu comme « sultan de tous les muhaddiths »
« Nous sommes fiers que deux d’entre six théologiens illustres du monde musulmane sont nés et ont grandi dans notre région, et la ville ancienne de Boukhara était renommée comme « Kubbatul islam » - « la coupole de l’islam ». On sait bien qu’au début du IXe siècle, plus de 200 savants issus d’Asie centrale menaient leurs activités scientifiques à l’Académie « Maison de la sagesse » dans la capitale de l’État des Abbassides. Et nos grands savants tels qu’Al-Khorazmi, Akhmad al-Ferghani, Abou Raihan Birouni, Ibn Sina écrivaient leurs travaux scientifiques sans prix en belle langue arabe » a dit Chavkat Mirzioïev.
Parlant de la situation actuelle, le dirigeant de l’Ouzbékistan a indiqué que les deux régions continuent à rester une zone de la paix, de la stabilité et du progrès malgré les risques et les défis contemporains. Les États d’Asie centrale et du Golfe sont des partenaires fiables à long terme, a-t-il affirmé.
Il a constaté avec satisfaction que ces dernières années, les relations de l’Ouzbékistan avec les pays du Golfe sont montées à un niveau qualitativement nouveau.
Il a proposé d’élargir la coopération pratique entre les deux régions dans nombre de directions prioritaires.
En premier, dans le domaine politique, le chef de l’État ouzbek a indiqué l’importance de développer la coopération de large envergure aux niveaux divers.
Il a donc proposé d’étudier la faisabilité d’un Accord multilatéral sur l’amitié, l’interdépendance régionale et la coopération.
En deuxième, concernant les hautes technologies et les investissements, il a marqué l’importance de mettre en place de nouvelles plateformes et des mécanismes de coopération dans les domaines des innovations, de l’intelligence « artificielle », de l’économie « verte », de la numérisation, de l’agriculture « intelligente », des nano- et biotechnologies. Il a avancé l’initiative de créer un Conseil conjoint des investisseurs avec la participation des représentants des affaires et d’accueillir sa première réunion à Samarcande.

« Nous sommes intéressés par l’usage efficace du potentiel des fondations d’investissement, créées dans notre région par nos partenaires, et par l’élargissement de l’activité des grandes banques du Golfe. De même, je pense qu’il est important d’adopter une « feuille de route » distincte en vue de mettre en oeuvre ensemble des projets dans le domaine de l’énergie « verte » » a déclaré le président d’Ouzbékistan
En troisième, au sujet de l’interdépendance commerciale et des transports, le dirigeant de l’Ouzbékistan a souligné la pertinence de créer une zone de libre-échange avec les pays du Golfe, d’harmoniser les règlements techniques et de développer le commerce électronique. À cet égard, il a proposé d’étudier la question de signature d’un Accord commercial multilatéral.
En outre, il a proposé d’appliquer des tarifs favorables pour le Couloir médian de transports, de mobiliser largement des itinéraires multimodaux existants, d’augmenter les liaisons aériennes directes avec des mesures de subvention.
Le président d’Ouzbékistan a de même appelé les partenaires à prendre une part active au projet stratégique de construction de la voie ferroviaire transafghane, qui relie les États du Golfe à l’Asie centrale par un itinéraire le plus court.
Dant le domaine de l’écologie et des changements climatiques, le chef de l’État ouzbek a indiqué l’importance d’élaborer un Programme international de recherches conjointes sur la base de l’Université d’études environnementales et des changements climatiques d’Asie centrale, qui s’ouvre en Ouzbékistan.
Par ailleurs, il a attiré l’attention des participants sur les possibilités du secteur touristique. Dans ce domaine, il a proposé de créer un espace touristique unique sans visa « Golfe – Asie centrale », des clusters contemporains et des produits touristiques communs, ainsi que de convoquer un forum des grandes agences de voyage des deux régions dans la ville de Khiva, proclamée « la capitale touristique du monde islamique en 2024 ».

En outre, la lutte commune contre l’islamophobie dans le cadre de l’Organisation de coopération islamique a été abordée en particulier dans le discours du président d’Ouzbékistan.
Le dirigeant d’Ouzbékistan a indiqué l’importance de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme, le radicalisme et le trafic de drogues, ainsi que dans la défense des jeunes contre la propagation de ces menaces via Internet et d’autres canaux.
Le président d’Ouzbékistan a également abordé les questions de la paix en Afghanistan.
« Nos régions doivent faire preuve de participation active et attirer des hautes tribunes l’attention de toute la communauté mondiale aux problèmes en Afghanistan en vue de rendre plus facile la vie du peuple afghane » a souligné le chef de l’État ouzbek.
À la fin de son discours, Chavkat Mirzioïev a exprimé sa confiance que les résultats du présent sommet historique permettraient d’élever les relations multidimensionnelles entre les régions d’Asie centrale et du Golfe à un nouveau niveau.
À l’issue du sommet, les parties prenantes ont adopté la Déclaration commune.
Les participants au sommet ont salué la proposition du président d’Ouzbékistan de tenir la rencontre suivante des dirigeants de format « Asie centrale et Conseil de coopération du Golfe » à Samarcande.
OuzA