Ўзбек
Chinese
Turkish
Tajik
Kyrgyz
Turkmen
Japanese
Arabic
English
French
Spanish
Русский
German
Ўзбек
Oʻzbek
Қазақ
L'action climatique, une partie intégrante de la politique nationale de l’Ouzbékistan
11:01 / 2024-11-11

Depuis une décennie, nous devenons de plus en plus témoins des conséquences désastreuses du changement climatique dans le monde.

L’Ouzbékistan, comme toute la région d’Asie centrale, ne fait pas exception : le pays est particulièrement sensible aux perturbations de l’équilibre écologique. Les prévisions des experts internationaux parlent déjà de leur impact négatif. Donc, par exemple, d’ici le milieu du siècle, on s’attend à une diminution du débit des deux grands fleuves de la région – Amoudaria et Syrdaria (jusqu’à 15 %), à une réduction de l’approvisionnement en eau par habitant (de 25 %) et de la productivité des cultures agricoles (de 40 %). Tout cela peut affecter négativement le développement de l’économie, porter préjudice aux infrastructures existantes et nuire à la santé et à la vie de la population.

Pour cette raison, ces dernières années, l’agenda climatique est devenu une priorité de la politique nationale dans le cadre des réformes d’envergure menées par le président de la République d’Ouzbékistan. La signature de l’Accord de Paris en 2017, et sa ratification en 2018, en ont été une des confirmations générales. Aux côtés des 175 pays signataires, l’Ouzbékistan s’est engagé à maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale en dessous de 2 °C.

En 2021, lors de la COP26 à Glasgow, l’Ouzbékistan a présenté sa contribution déterminée au niveau national (CDN-2), mise à jour, en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB, visant à augmenter l’indice de 10 % à 35 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010 (CDN-1).

Pour atteindre les objectifs déterminés, la base normative et juridique et institutionnelle a été élargie et complétée, de façon considérable. Un nombre de documents stratégiques et de décisions importantes ont été adoptés et réalisés. Dans leur nombre, le décret présidentiel n°4477 datant du mois d’octobre 2019, qui approuve la Stratégie nationale de transition vers l’économie verte pour la période 2019-2030 et crée le Conseil interinstitutionnel pour l’économie verte.

Un nombre de documents stratégiques et programmes ont également été adoptés, y compris les conceptions portant sur la protection de l’environnement à l’horizon 2030 et le développement de la gestion de l’eau pour 2020-2030, la stratégie de traitement des déchets ménagers pour la période de 2019 à 2028.

En 2023, le ministère des Ressources naturelles s’est transformé en ministère de l’Écologie, de l’Environnement et du Changement climatique par décret présidentiel. De même, le poste d’adjoint du procureur général a été créé, qui a en sa charge de surveiller et de contrôler l’exécution de la législation dans les domaines de l’écologie, de la protection environnementale et de la gestion forestière.

Un autre pas important dans l’évolution de la politique environnementale nationale a été l’introduction, pour la première fois dans l’histoire du pays, d’articles spéciaux sur la protection de l’environnement dans la Constitution révisée, où sont dictés les droits à la sécurité écologique des citoyens et leurs obligations. En outre, un oukase présidentiel n°81 datant du mai 2023 établit le droit des citoyens à une réparation du dommage causé à la suite d’une violation de la législation écologique. 

De plus, en juillet dernier, un Conseil climatique a été créé auprès du président de la République. Ce dernier a été désigné comme un organe consultatif supérieur pour les questions de l’atténuation et de l’adaptation aux conséquences du changement climatique.

Un des problèmes environnementaux les plus graves que la République est confrontée est lié à la garantie de la sécurité de l’eau. À l’heure actuelle, plus de 80 % de l’eau en Ouzbékistan provient des pays voisins situés en amont. Seulement environ 22 % des sources d’eau fraiche renouvelables se trouvent à l’intérieur du pays, et la disponibilité des ressources hydrauliques par habitant comprend 57 % de la moyenne. Selon l’Institut des ressources mondiales (WRI), l’Ouzbékistan fait partie des 25 pays du monde soumis au stress hydrique, où les effets du changement climatique ne font qu’aggraver le problème de la pénurie d’eau. 

Dans ce contexte, les autorités du pays mettent un accent particulier sur l’amélioration de l’efficacité de l’usage de l’eau.

Selon une étude présentée par l’Institut de recherches macroéconomiques et régionales, au cours des cinq dernières années, la surface d’application des technologies économes en eau a augmenté de 7,7 fois, et le territoire de couverture a atteint 1 million d’hectares, dont les 398 000 hectares sont irrigués par goutte-à-goutte, les 31 000 hectares – par aspersion. La méthode d’arrosage discrète a été appliquée sur 16 000 hectares. Actuellement, l’Ouzbékistan figure dans le top 10 des pays leaders (à la 7e place après Israël, les États-Unis, la Russie, l’Espagne, le Brésil et l’Italie) d’après la surface totale où les technologies économisant l’eau sont appliquées.

Dans le pays, la pratique des subventions est mise en place pour les citoyens désirant appliquer les technologies économes en eau dans leurs exploitations. En 2019, un total de 137,9 milliards de soums de subventions avait été alloué aux entreprises agricoles. En 2020, ces dernières ont reçu 251,6 milliards de soums. En 2021, le chiffre est passé à 899,4 milliards de soums, dont 754,4 milliards de soums pour les technologies économes en eau dans les champs de coton.

Une autre direction clé de la politique climatique de l’Ouzbékistan est le développement des sources d’énergie renouvelables (SER). En 2019, des changements significatifs ont eu lieu dans la gestion du secteur énergétique du pays. Par décret présidentiel du 1er février 2019, le ministère de l’Énergie a été fondé. Ce dernier est devenu organe compétent en matière de mise en œuvre de la politique nationale unique dans le domaine de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables.

Cette même année, d’importants actes législatifs ont été adoptés : les lois relatives à l’utilisation des sources d’énergie renouvelables et au partenariat public-privé, qui ont formé un fondement juridique pour le développement accéléré des projets dans le domaine des SER.

La stratégie de transition vers l’économie verte a fixé des objectifs ambitieux : d’ici à 2026, il est envisagé d’augmenter la part de l’énergie verte jusqu’à 8 000 MW, ce qui permettrait de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 5 millions de tonnes.

D’ici à 2030, l’objectif est de doubler l’efficacité énergétique de l’économie et de porter la part de l’énergie renouvelable à 40 %. Pour atteindre ces paramètres, d’énormes travaux sont prévus pour la construction de nouveaux ouvrages de SER, y compris des centrales solaires, éoliennes et hydroélectriques. Dans les trois prochaines années, on prévoit de mettre en service 28 grandes centrales solaires et éoliennes d’une capacité de 8 GW.

Aujourd’hui, le pays a son système complet de promotion pour le développement des sources d’énergie renouvelables. En particulier, les producteurs d’installations de SER sont exonérés de paiement tous les types d’impôts pour une durée de cinq ans à partir de la date leur enregistrement auprès de l’État. Les producteurs d’énergie à partir de sources alternatives s’offrent une exonération sur dix ans de l’impôt sur les biens pour les installations de SER et de la taxe foncière d'après les terrains occupés par ces installations. Les personnes physiques, qui utilisent les énergies renouvelables dans leurs locaux résidentiels avec une entière déconnexion de réseaux énergétiques existants sont exonérés d’impôt sur les biens et de taxe foncière pour trois ans.

Depuis 2020, un système de compensation de l’État a été mis en place pour les personnes physiques qui achètent des centrales solaires photovoltaïques, des chauffe-eaux solaires et des appareils à bruleurs gaz, efficaces du point de vue énergétique. En outre, des remboursements sont également attribués pour la couverture des dépenses de crédits pour l’achat d’installations SER tant aux personnes physiques que juridiques. 

L’Ouzbékistan attire activement des investissements internationaux pour le développement des SER. Un exemple visuel en est le projet de centrale solaire photovoltaïque de 100 MW dans la région Navoï, qui est en cours de réalisation sur la base d’un partenariat public-privé avec les Émirats arabes unis. En août 2024, les négociations avec une compagnie malaisienne portaient sur la construction d’une nouvelle centrale solaire de 200 MW dans la région de Ferghana. Le coût du projet est estimé à 150 millions de dollars américains. Cette année, avec le concours de la Chine, il est prévu de créer une centrale solaire de 700 MW dans la région de Tachkent.

À l’heure actuelle, le ministère de l’Énergie de l’Ouzbékistan travaille, conjointement avec la Banque asiatique de développement, sur la mise en œuvre des projets d’investissements pour la construction des centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale allant jusqu’à 1 GW durant la période de 2019 à 2025.

Dans le pays, un travail successif est de même mené pour l’amélioration de la qualité de l’air. Récemment, on a lancé un programme de monitoring de la qualité de l’air de la capitale, intitulé « Air Tashkent », développé par le Département du développement numérique auprès de la mairie de Tachkent. Depuis 2023, en marge du programme, on mène des études sur le taux de morbidité dû à la pollution de l’air atmosphérique parmi la population dans les régions de Sourkhandaria, de Boukhara, de Khorezm et au Karakalpakistan. En outre, cette année, on a mis en place un classement des régions d’après le taux de pollution de l’atmosphère.

Outre ses efforts au niveau national, l’Ouzbékistan promeut activement des initiatives climatiques visant à consolider la région pour la prise de mesures en matière de lutte contre les changements climatiques. Donc, en 2022, le programme régional « Agenda vert » a été adopté à l’initiative de l’Ouzbékistan lors de la quatrième Rencontre consultative des chefs d’État d’Asie centrale. Ensuite, lors de la cinquième Rencontre de ce format, l’idée de développer une Stratégie régionale pour l’adaptation aux changements climatiques a été annoncée.

Compte tenu de l’importance de la coopération internationale, le président Shavkat Mirziyoyev intervient sur différentes plateformes internationales (les forums de l’initiative « Une ceinture, une route » et l’OCS, les sommets des pays d’Asie centrale, le Conseil de coopération des États arabes du Golfe, etc.) avec un appel à l’économie verte, à faire de la question du changement climatique une priorité permanente.

La coopération de Tachkent avec l’Organisation des Nations Unies mérite une attention distincte. Au moment actuel, environ 140 projets d’une somme totale de 174,59 millions de dollars sont réalisés avec la participation des agences onusiennes. Les plus grands d’entre ces derniers portent sur la transition vers l’économie verte dans le secteur agroalimentaire (4,1 millions de dollars) et l’élaboration d’un plan national d’adaptation aux changements climatiques (1,2 million de dollars).

En août 2023, à l’initiative de l’Ouzbékistan, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution sur la gestion durable des forêts. Le pays participe activement aux conférences climatiques de l’ONU et réalise des projets conjoints avec des institutions financières internationales.

La participation active des délégations d’Ouzbékistan aux conférences de haut niveau des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP) témoigne de l’engagement du pays en faveur de l’agenda climatique mondial. Ainsi, intervenu au sommet COP28 à Doubaï, le président d’Ouzbékistan a confirmé la détermination du pays à adopter rapidement un mécanisme-cadre mondial dans le domaine de l’adaptation aux changements climatiques en marge de l’Accord de Paris. Il a exprimé l’initiative de créer un Forum scientifique sur le climat au sein de l’Université centre-asiatique d’études de l’environnement et du changement climatique à Tachkent, avec une large participation des grands savants et experts étrangers.

La participation de l’Ouzbékistan à la Conférence des parties (COP29) à Bakou, comme l’on s’attend, ne sera pas une exception.

Pour conclure, on peut dire que l’Ouzbékistan montre un exemple d’approche responsable face aux défis environnementaux dans le monde, tout en prenant des mesures intégrées pour accomplir ses engagements internationaux dans le domaine climatique. Le pays non seulement développe activement les énergies renouvelables et modernise les infrastructures existantes, mais crée également des conditions favorables à l’attrait des investissements privés dans les projets « verts ». Ce qui est plus important, c’est qu’il encourage la participation personnelle de ses citoyens à l’agenda écologique. Cela favorise le développement économique durable et l’amélioration de la qualité de vie de la population.

UzA