Forum international sur la migration de Tachkent : quels objectifs ?
À l’époque actuelle de mondialisation, la migration est devenue l’un des processus socio‑économiques les plus importants à l’échelle mondiale. En particulier, la migration de travail influence l’économie de nombreux pays et occupe une place essentielle dans la vie des millions de personnes.

Et en Ouzbékistan, la migration représente l’un des secteurs auxquels une attention particulière est accordée au niveau de la politique d’État. C’est pourquoi des mesures importantes sont élaborées et adoptées pour protéger les droits des ressortissants du pays travaillant à l’étranger, leur fournir une assistance sociale et juridique et organiser une migration de travail sûre et légale.
Sur ce sujet, la correspondante de l’agence de presse UzA a mené une interview avec Islombek Khamroyev, chef de département à l’Agence de la migration auprès du Cabinet des ministres.
– Pourriez-vous dire, avec quels pays votre Agence coopère-t-elle actuellement dans le domaine de la migration de travail ? Quelles mesures sont en cours pour élargir la géographie de la migration ?
– Nos missions principales sont d’assurer à nos compatriotes un emploi légal, stable et bien rémunéré à l’étranger, de protéger leurs droits et intérêts, et d’élargir la géographie de la migration. Dans ce cadre, nous accordons une attention particulière au placement légal des gens dans des emplois bien rémunérés sur les marchés du travail de l’Union européenne, notamment dans les pays nordiques, ainsi qu’aux États‑Unis et au Japon. L’Agence a élaboré un programme complet visant à envoyer 50 000 citoyens dans les pays nordiques d’ici 2030. En outre, elle a mené des réunions bilatérales bénéfiques avec les ambassades d’Italie, de la République tchèque, de Corée, des États‑Unis, avec les ministères du Travail de Slovaquie, de Turquie, de Biélorussie, de Bachkirie, les administrations régionales de Tioumen, de Grodno et de Namwon, les organismes agricoles d’Italie, de Slovénie, des États‑Unis et de Turquie, ainsi qu’avec l’Organisation mondiale du travail, le Fonds eurasiatique de stabilisation et la Communauté économique allemande.
Récemment, nous avons conclu des accords avec les sociétés Honchos LLC et USA Farm Labor pour recruter des travailleurs saisonniers aux États‑Unis dans le cadre du programme de visas H‑2A. Des demandes ont été reçues et le processus le met en place de manière progressive.
Il est également important de noter que des accords ont été signés pour placer des citoyens dans le secteur agricole saisonnier, il s'agit de 47 000 postes de travail en Europe, 13 000 postes dans la région Asie‑Pacifique, 6 000 postes au Moyen‑Orient et dans les pays du Golfe, 36 000 postes dans les pays de la CEI, ainsi qu’avec plusieurs organisations en Italie, aux États‑Unis, en Espagne et en France.
– Quels mécanismes ont été mis en place pour assurer un emploi légal et sûr à l’étranger pour nos citoyens ?
– Pour garantir un emploi légal et sûr à l’étranger, plusieurs mécanismes juridiques, organisationnels et préventifs ont été mis en place dans notre pays. En particulier, le Cabinet des ministres a établi, par sa décision du 22 avril 2025, un système complet pour la préparation des citoyens désirant travailler temporairement à l’étranger, leur envoi à l’étranger de façon organisée et la protection de leurs droits.
Selon cette décision, les citoyens doivent participer à des mesures d’adaptation et de sensibilisation avant leur départ. Et ils reçoivent des informations sur la législation du travail, les règles de migration, les conditions de vie et de travail, les règles de sécurité, les procédures de protection juridique à l’étranger, ainsi que sur les conséquences de la migration illégale.
Les citoyens ne sont envoyés à l’étranger que par des employeurs agréés et sur la base de contrats de travail officiels. Ces contrats précisent clairement le salaire, les horaires de travail, les conditions de logement, l’assurance médicale, le transport et d’autres garanties sociales.
Il est également important d’améliorer les compétences professionnelles et linguistiques des citoyens partant à l’étranger. Pour certains pays, des cours de langue et de formation professionnelle ont été organisés, avec un système de certification internationale.
Pour protéger les droits de nos ressortissants à l’étranger, l’Agence de la migration a ouvert ses représentations dans plusieurs pays. C’est à travers ces bureaux que l’on aide à résoudre les conflits de travail, à négocier avec des employeurs, à fournir une assistance juridique et à soutenir les citoyens en difficulté.
En outre, des mécanismes de soutien social tels que subventions, compensations et aides financières préférentielles sont en place pour accorder un soutien social à nos ressortissants à l’étranger. Par exemple, des modalités sont prévues pour compenser une partie des frais liés au départ, à l’apprentissage des langues et à la formation professionnelle pour les travailleurs partant vers certains pays.
– Comment est organisé le système d’assistance juridique pour nos ressortissants travaillant à l’étranger ?
– L’Agence de la migration a mis en place plusieurs canaux de communication pour recevoir rapidement les demandes des citoyens ouzbeks se trouvant à l’étranger et leur fournir une assistance dans des cas nécessaires. Notamment, le centre d’information, une ligne téléphonique et une application spéciale permettent d’appeler gratuitement le numéro court 1282 depuis n’importe quel pays. Un bouton SOS est disponible sur la plateforme www.xorijdaish.uz.
Par ces moyens, les citoyens peuvent obtenir des réponses à leurs questions concernant la migration de travail, l’assistance juridique, la documentation, le retour et d’autres problèmes. Des demandes sont également acceptées via divers réseaux sociaux.
Ces systèmes permettent de maintenir un contact permanent avec nos ressortissants à l’étranger, de centraliser les demandes et de les traiter rapidement.
– Quels résultats ont été obtenus ces dernières années ? Quels problèmes restent persistants ?
– Il est important de noter qu’au cours de l’année 2025, les transferts d’argent envoyés par nos concitoyens travaillant à l’étranger ont atteint 18,9 milliards de dollars, soit 28 % de plus que l’année précédente. Toutefois, malgré les mesures prises dans ce domaine, certains problèmes persistent encore. Par exemple, l’un des principaux de ces problèmes est lié à l’action des sociétés de conseil et d’intermédiaires opérant sans licence. On observe des cas où ces organisations envoient des citoyens à l’étranger sans contrats officiels, sans expliquer les conditions de travail ni présenter des garanties légales.
En conséquence, à l’étranger, ces citoyens se retrouvent impliqués dans des activités de travail illégales à cause du viol des règles de visa ou de migration, et se voient devenir clandestins. Cela mène nos ressortissants à tomber dans des conditions sociales et de travail difficiles, et provoque des violations de droits du travail, des cas de non-paiement du salaire et de déportation, ainsi qu’un manque de protection juridique.
La présence de citoyens en situation illégale à l’étranger affecte négativement l’image internationale de l’Ouzbékistan. On observe dans certains pays des cas de renforcement des règles de migration, d’imposition de restrictions supplémentaires et de baisse de la confiance envers les migrants ouzbeks.
C’est pourquoi il est important de renforcer les mesures de contrôle contre les organisations non licenciées, d’accroître la sensibilisation juridique des citoyens et de les envoyer à l’étranger uniquement par des mécanismes officiels et garantis.
Dans ce cadre, des mesures pratiques sont prises pour protéger les citoyens contre les intermédiaires illégaux et les sociétés de consulting sans licence. Des efforts de contrôle sont renforcés et des inspections sont menées sur la base des plaintes reçues par nos ressortissants. Des sanctions économiques et administratives sont appliquées à l'égard des organisations illégales.
Dans le même temps, une attention particulière est accordée aux campagnes de sensibilisation et de prévention. Des activités de sensibilisation sont régulièrement menées à travers les médias de masse, les réseaux sociaux, les mahallas et les bureaux régionaux afin d’expliquer aux citoyens l'importance de partir à l’étranger uniquement par des organisations officielles et agréées.
– Nous savons que les 18 et 19 mai prochains la ville de Tachkent accueillera un Forum international sur la migration. Quel est le grand objectif de cet événement prestigieux ?
– Bien sûr, la semaine prochaine, le Forum international sur la migration sera organisé à Tachkent en coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Agence nationale de la migration auprès du Cabinet des ministres de la République d’Ouzbékistan. On s’attend à la présence de plus de 300 représentants d’organisations internationales, d’institutions publiques, de milieux d’affaires et d’experts.
L’objectif principal de ce forum est de renforcer la coopération internationale dans le domaine de la migration et de développer un système de migration sûr, organisé et légal.
Le forum vise également à intensifier le dialogue entre les pays d’Asie centrale et les organisations internationales sur les questions migratoires, à protéger les droits et intérêts des travailleurs migrants, à lutter contre la traite des êtres humains, la migration illégale et l’exploitation, à améliorer les mécanismes d’aide sociale et juridique aux migrants, à définir de nouvelles orientations de coopération pour une migration de travail sécurisée et légale, et à présenter sur la scène internationale les réformes et l’expérience de l’Ouzbékistan dans le domaine de la migration.
En résumé, ce forum devrait constituer une plateforme importante pour accroître le prestige de l’Ouzbékistan dans les politiques migratoires internationales, discuter des initiatives visant à créer des conditions de travail dignes et sûres pour les citoyens travaillant à l’étranger.
Par Guzal Sattorova
UzA