Le président ouzbek présente les orientations importantes de l’action commune dans le format des Réunions consultatives Asie centrale - Azerbaïdjan
Le président de la République d’Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, a participé à la huitième Réunion consultative des chefs d’État d’Asie centrale et d’Azerbaïdjan, organisée ce jeudi 8 octobre dans la zone touristique nationale d’Avaza, au Turkménistan.
Le sommet, présidé par Serdar Berdymoukhamedov, président turkmène, a également réuni le président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, le président de la République du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, le président de la République kirghize, Sadyr Japarov, et le président de la République du Tadjikistan, Emomali Rahmon.
Conformément au programme du sommet, les dirigeants ont échangé leurs points de vue sur les principales questions de l’agenda régional et international, et ont examiné les perspectives de renforcement de la coopération multiforme entre les pays d’Asie centrale et l’Azerbaïdjan.
Intervenu à cette occasion, le chef de l’État ouzbek a évoqué les changements positifs observés au cours des dernières années en Asie centrale. Il a souligné que les Réunions consultatives des chefs d’État d’Asie centrale y ont joué un grand rôle.
Il a notamment souligné l’importance historique de l’achèvement de la procédure d’adoption du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération pour le développement de l’Asie centrale au XXIe siècle.
Il a rappelé que les processus régionaux ne visent pas à créer des structures lourdes et complexes.
« Nous avons besoin d’un format souple et clair, dans lequel les États forts, souverains et indépendants puissent coopérer sur la base du respect mutuel, de la confiance et du pragmatisme » a déclaré le président Shavkat Mirziyoyev.
Ensuite, le dirigeant ouzbek a donné une brève évaluation de la situation internationale complexe, un contexte dans lequel les pays d’Asie centrale se rapprochent.
« Le monde change rapidement, les tensions s’accentuent, les liens commerciaux et de transport se réorganisent, et de nouveaux risques apparaissent » a-t-il réitéré.
À cet égard, il a indiqué l’importance de mieux coordonner les efforts conjoints dans les domaines prioritaires de la coopération.
D’abord, il a présenté l’idée de construire un espace unique de coopération avec les régions entretenant des liens historiques, économiques et transport. L’utilisation des possibilités qui s’offrent à la région permettrait de rendre ces liens plus fermes et de les enrichir avec un contenu concret, notamment en matière de développement conjoint du commerce, des transports, de l’énergie, de l’industrie et de nouvelles technologies.
Il a été proposé d’examiner ces questions de manière approfondie lors de la conférence internationale sur le thème « Le dialogue en faveur de la paix et de l’interconnectivité durable : une approche centre-asiatique », qui se tiendra l’année prochaine à Tachkent.
Le président ouzbek a également insisté sur la nécessité de renforcer les fondements sur lesquels se construit le dialogue régional par la poursuite des travaux visant à optimiser les bases normatives et juridiques régulant les activités de la Réunion consultative des chefs d’États d’Asie centrale.
Il a souligné en particulier que la coopération économique doit passer à un nouveau niveau.
« Nous nous sommes déjà fixé des objectifs ambitieux afin d’accroître le commerce et les investissements. Maintenant, il convient de définir les moyens grâce à quoi cette croissance doit être assurée » a dit le dirigeant ouzbek.
Des mécanismes et des objectifs ont été définis en vue de mettre en place des chaînes industrielles et technologiques conjointes, des services numériques communs et des instruments d’investissement permettant de lancer plus rapidement des projets d’envergure.
« Nous nous sommes déjà approchés du moment où le commerce traditionnel entre les parties n’est plus suffisant. Nous devons développer ensemble des produits finis. La formule « six économies et un seul produit » traduit bien le sens de ce à quoi nous devons aspirer » a déclaré le président ouzbek.
Pour avancer vers cet objectif, il a proposé d’organiser un forum d’affaires Asie centrale – Azerbaïdjan en 2027 à Khiva et de créer une plateforme spéciale pour un accompagnement financier et technique des projets d’investissement conjoints.
Il a indiqué l’importance de charger le Conseil des ministres du Commerce et des Investissements d’examiner cette question en détail lors d’une prochaine réunion à Achgabat.
Il a ensuite marqué l’importance de développer la connectivité des pays de la région grâce à un réseau de transport et logistique moderne.
« Nous pouvons devenir l’un des plus importants couloirs du commerce mondial et, dans le même temps, un grand centre d’activité économique. Mais, pour y parvenir, il ne suffit pas de construire simplement des routes et des voies ferrées. Il nous faut une vision commune du développement des infrastructures de transport » a dit Shavkat Mirziyoyev.
Il a par ailleurs attiré l’attention sur la nécessité de coordonner les grands projets pour qu’ils fonctionnent comme un seul système.
« Le long des nouveaux corridors de transport doivent apparaître des productions, des installations logistiques et des services, des zones industrielles. Ainsi, les itinéraires de transport créent des activités économiques autour d’eux et apportent davantage d’effets à chacun des États qu’ils traversent » a souligné le chef de l’État ouzbek.
À ces fins, il a proposé d’accélérer la création du Conseil pour le développement des infrastructures et de tenir sa première réunion en Ouzbékistan.
Le président ouzbek a mis un accent particulier sur le secteur énergétique, soulignant que la région dispose des ressources diversifiées dans ce domaine, allant des hydrocarbures au grand potentiel en matière d’énergies hydraulique, solaire et éolienne.
Considérant le rôle important du développement vert, il a initié de développer un concept conjoint de valorisation du potentiel énergétique bas carbone, qui permettrait de mieux coordonner la construction de nouvelles unités de production, le développement des systèmes modernes de stockage énergétique et la création de nouveaux corridors énergétiques.
L’eau et le changement climatique ont été présentés comme une autre axe prioritaire nécessitant des solutions concertées. Sur ce plan, le président ouzbek a indiqué l’importance de déployer des systèmes modernes de surveillance numérique, de moderniser les réseaux d’irrigation et d’utiliser largement les technologies économes en eau.
Il a ainsi appelé à mettre pleinement en œuvre l’initiative commune relative à la Décennie de l’action pratique pour l’utilisation rationnelle de l’eau en Asie centrale.
Prenant en considération que l’année prochaine l’Ouzbékistan prendra la présidence du Fond international pour le sauvetage de la mer d’Aral, le dirigeant ouzbek a présenté les priorités visant à améliorer l’efficacité de son fonctionnement, à lancer de nouveaux projets écologiques et à attirer des financements supplémentaires.
Une attention distincte a par la suite été accordée à la mise en place d’un dialogue permanent et constructif avec l’Afghanistan au sujet de l’utilisation des ressources hydrauliques, compte tenu des intérêts de tous les pays de la région.
La pollution de l’air a été identifié comme l’un des problèmes graves pour les villes de la région. En réponse à cet enjeu, l’Ouzbékistan avait précédemment présenté l’initiative de créer un consortium international baptisé « Air pur de l’Asie centrale ». Le président ouzbek a proposé de lancer les activités de ce dernier par la mise en œuvre d’un programme pilote de modernisation écologique des zones industrielles, des clusters agricoles et des nœuds de transport des pays de la région.
Les minéraux critiques constituent un autre enjeu majeur dont l’importance ne cesse de croître. Sur ce plan, le président ouzbek a proposé d’intensifier les efforts en vue de créer une Alliance régionale des minéraux critiques, une initiative portée par l’Ouzbékistan. Selon lui, l’une des premières étapes à cet égard doit être l’élaboration d’une Carte numérique unifiée des réserves de minéraux critiques de l’Asie centrale.
Le volet suivant, tout aussi important, a été consacré au développement technologique.
« L’intelligence artificielle et le travail avec de grandes quantités de données transforment déjà l’industrie, le transport, l’énergie, l’agriculture, l’éducation, l’administration publique. À l’avenir, la productivité de nos économies et leurs capacités à rester compétitives dépendront dans une large mesure de ces technologies » a rappelé le président ouzbek.
À cet égard, il a proposé de mutualiser les possibilités des pays de la région et de lancer la création des infrastructures informatiques communes s’appuyant sur le réseau interconnecté de centres de données nationaux.
Le capital humain a ensuite été présenté comme le plus important facteur pour l’avenir de la région.
« Nos pays disposent d’un immense potentiel démographique. La population augmente, les jeunes deviennent de plus en plus nombreux, et c’est justement de la qualité de leur éducation et de leur formation professionnelle que dépendra l’économie de la région dans dix, vingt ou trente ans » a souligné en particulier le chef de l’État ouzbek.
Partant de l’analyse des spécialités qui seront nécessaires aux économies des pays de la région dans l’avenir, le président ouzbek a proposé d’élaborer un Atlas régional des professions et des compétences recherchées. Ce dernier devrait regrouper les prévisions dans les domaines où l’on ressent déjà une pénurie de spécialistes et où la demande continuera d’augmenter au cours des prochaines années.
Sur cette base, les universités et les établissements d’enseignement professionnels pourraient mieux tenir compte des besoins réels de l’économie et former des spécialistes en réponse aux exigences des projets d’envergure dans l’industrie, les transports, l’énergie, les technologies numériques et d’autres secteurs.









À la fin de son discours, le président Shavkat Mirziyoyev a indiqué que des progrès considérables ont été accomplis au cours des dernières années. Il a estimé qu’il est désormais essentiel de consolider ces progrès et de rendre la coopération régionale durable pour la prochaine décennie.
« La formule est simple : la solidarité et la confiance en faveur du développement et de la sécurité. Nous sommes responsables de la région que nous léguerons aux générations futures. Elle doit être pacifique, sûre et économiquement forte, et offrir aux gens la possibilité de vivre dignement, travailler, étudier et élever leurs enfants » a souligné le président ouzbek.
Les dirigeants des autres pays d’Asie centrale et de l’Azerbaïdjan sont également intervenus lors du sommet.
À l’issue du sommet, les chefs d’État ont adopté la Déclaration conjointe et adopté des décisions sur plusieurs documents règlementaires multilatéraux.